GDRI « Nomadisme, sociétés, religions  dans l'espace turco-mongol et sibérien »


Le GDRI

C'est une équipe internationale composée de chercheurs français, russes, kirghizes, allemand et kazakhstanais. Elle est susceptible de s'élargir à d'autres nationalités. Elle a fait l'objet d'une convention signée à Moscou le 4 décembre 2007 entre le CNRS et des organismes, instituts de recherche nationaux et universités d'Etat.

Coordonnateur : André Bourgeot


Objectifs et problématiques


Les objectifs sont doubles : scientifique et institutionnel

La problématique s’attache à appréhender le destin des « identités nomades » de sociétés fondées sur l'élevage de gros bétail et-ou de petits ruminants  qui s’inscrivent dans des contextes d’organisations socio-politiques diversifiées (post-soviétique, fédéralisme, décentralisation), s'expriment au niveau local et définissent des espaces économiques et écologiques dans des contextes de mondialisation.

Les unités d’observation des pouvoirs locaux

Pour mener à bien cette problématique, dans les trois cas (éleveurs de Sibérie centrale, transhumants du Kirghizstan méridional, pasteurs nomades mongols), les unités d’observation sont des entités locales qui correspondent :
- Au kolkhoze pour les éleveurs bouriates.
- Aux unités de transhumance pour les kirghizes,
-Aux terrains de parcours des Mongols qui évoluent au sein d’un espace pastoral flexible.

La démarche conceptuelle

Elle gravite autour de la notion de transition. La « popularisation » du terme date de la fin des années quatre-vingt. Il participe d’expressions telles que « transition démocratique » sur le plan politique  et concerne l’apparition du multipartisme ou « ’ transition au capitalisme » en matière de système économique, accentuant ainsi le passage à l’économie de marché.

La notion est elle même susceptible d’analyses et de critiques. Permet elle d’analyser les mutations, les transformations et les recompositions qui se manifestent de nos jours.
Peut-on parler d’identités nomades en transition ?
Les rapports sociaux tendent à se recomposer sur la base de structures nouvelles combinant de manières variables des éléments libérés par la décomposition de l’ancien système et des éléments engendrés par l’extérieur. C’est sous cette hypothèse que l’on peut proprement parler de processus de transition qui posent le problème de la continuité et de la rupture, de la réversibilité ou de l’irréversibilité des phénomènes générateurs de recomposition.

Identités et pouvoirs locaux : religion et politique

L'analyse des phénomènes identitaires appréhendés à travers les pouvoirs locaux renvoie, à des degrés divers aux possibilités et aux potentialités d’influence du religieux et des croyances. En quoi, comment et pourquoi participent-ils de la construction de nouveaux pouvoirs locaux ? À travers quelles identités nouvelles se structurent-elles ? Existe-t-il une éthique religieuse, une éthique des croyances aux efficiences spécifiques, des idées et des images qui seraient susceptibles d’orienter le politique et les électeurs vers des candidats réputés et reconnus comme adhérant à cette éthique et se réclamant d’une « identité ethnique », voire d’une ethnicité qui recouvrirait des entités confessionnelles

Dans les trois cas considérés, religion et croyances ont-elles acquis une légitimité politique qui se traduirait également sur le plan international par l’instauration de nouvelles relations avec les pays à fortes traditions islamiques (pour les kirghizes ) et avec les pays de traditions bouddhistes (comme l’Inde et le Népal) pour les Bouriates et les Mongols ?